01 février 2013

Les scandales des grosses boites

J'ai déjeuné ce midi avec mon pote Alex, qui est en charge d'un département de communication au sein de ma boite.

Cela fait 12 ans qu'il est dans la boite et il a gravi les échelons simplement mais surement. Il ne fait pas partie des "hauts potentiels" mais fait partie des "cadres opérationnels efficaces".  C'est un homme extremement droit, intègre et respectueux des gens.

 

Alex est convoqué lundi dernier par notre boss. Il apprend que son poste est supprimé, son périmètre repris par une jeune recrue, arrivée avec le nouveau patron.  Il apprend dans la foulée qu'elle arrive lundi en poste. A son bureau donc.

 

La boite ne l'a pas laissé sur le carreau parce qu'elle lui a proposé un poste de "remplacement".

Un poste et un seul.

Pas le choix.

Ce poste est un poste d'entrée dans la boite, que l'on occupe à 23 ans après son école de Commerce.

Pas à 35 ans.

Pas lorsqu'on est manager d'équipe depuis 3 ans.

Pas lorsque l'on est depuis 12 ans dans la boite.

 

Durée totale entre l'annonce par le N+1, le RDV chez le N+2, l'entretien dans l'autre service, l'annonce de l'arrivée de la remplacante : 1 semaine. Pile.

 

Pas le temps de réfléchir puisque que l'on ne lui a pas laissé le choix.

Pas le temps de comprendre vu que personne ne lui a expliqué pourquoi il ne conservait pas son poste.

Pas le temps de chercher ailleurs vu que lundi il est remplacé.

 

Comment lui a t on présenté la suppression de son job ?

> simplement en lui disant "tu sais je n'étais pas dans la boucle de ce qui se tramait, je l'ai appris comme toi ce matin".

Comment lui- a t-on présenté son nouveau job ?

> simplement en lui disant "Monsieur Sévis a un poste POUR TOI"

 

Le plus dramatique dans l'histoire, c'est qu'à force d'entrendre "la boite ne va pas bien", on est content de se voir proposer un poste, peu importe lequel. Peu importe ne rien apprendre. Peu importe régresser professionnellement. Peu importe de ne plus avoir de management. Parce qu'on a un travail. Et ca ce n'est pas donné à tout le monde.

Le monde tourne à l'envers. Alex a le choix. Il a le choix de dire non. Ne pas accepter l'inacceptable. Notre boite ne licencie pas, elle "incite au départ".

Très bien, qu'il saississe cette opportunité ! Demande d'un rattachement direct au boss en tant que chargé de mission, job batard mais peu contraignant, qui lui assurera autonomie, salaire équivalent, temps libre pour trouver ailleurs et profiter de l'offre financière de l'incitation au départ !

Il n'est pas interdit, lorsque l'on donne TOUT sans RIEN en retour, de penser un peu à soi, non ?

 

 


Commentaires sur Les scandales des grosses boites

    C'est encore moi. Comme je viens de faire ta connaissance et que je suis curieuse j'ai lu plusieurs de tes posts. Ça me dégoute ce que j'y lis et je suis écœurée de la façon dont ton entreprise te traite et te malmène. J'ai une très très bonne copine avocate en droit du travail qui se régalerait de reprendre ton dossier et les bouffer.
    Moi je ne suis pas dans une grosse boîte mais je suis consultante et crois-moi dallastonuniversimpitoyable n'est pas loin de MA réalité au travail.
    Bref bref bref take care, profite et ressource-toi. À bientôt.

    Posté par Delph R, 04 février 2013 à 23:31 | | Répondre
  • Tout ca m'a permis d'apprendre plein de choses, notamment la prise de recul et surtout donner la priorité à ce qu'il y a autour du travail. C'est déjà énorme ! bon j'avoue que je suis très en colère quand j'entends ce qu'il se passe autour de moi, parce que malheureusement, je suis loin d'être la seule... . Les collègues de travail défilent chez moi pour me raconter... .

    Posté par Reuz, 05 février 2013 à 11:36 | | Répondre
  • Nom de Zeus, hasard ou pas ? je vis un enfer au boulot depuis mon retour de congé mat. 2ans et demi à supporter. Et puis j'ai dit non et j'ai dénoncé. Mais ça ne se fait pas dans ma boîte. Je suis grillée, obligée de faire appel à d'autres (délégué syndical, service médical et rh spécialisée en risques psychosociaux) mais à quoi bon ? Je vis entourée de pervers au boulot et je ne donne pas cher de ma peau si ça continue comme ça. En ce moment en arrêt, je profite car à la maison je suis bien, trop me dit-on puisque je m'isole mais quand je vois tout ce qui m'entoure je n'ai pas envie de sortir. Delphine a raison, DALLASMONUNIVERSIMPITOYABLE en grand et partout, il est loin le temps du PAYSDESBISOUNOURS, et il me manque tant...
    Désolée de monopoliser ton blog de mes coms "négatifs" mais je sais que les beaux jours sont ceux à venir et j'espère, j'espère tant...

    Posté par C., 06 février 2013 à 22:51 | | Répondre
  • Moi aussi je me suis repliée chez moi, dans mon cocon. mais (selon moi) c'est indispensable pour se reconstruire. j'ai coupé les ponts pendant 6 mois avec tout mon univers pro (et j'avais plein de potes au bureau) et la plupart de mes amis. Je ne sais pas si tu vois un psy mais moi de discuter avec quelqu'un qui voit des dizaines de cas comme le notre c'est vraiment très rassurant. Et n'oublie pas une chose fondamentale : c'est toi qui a tout à fait raison dans ta démarche. Alors vraiment bon courage, cette période est vraiment difficile mais c'est aussi une renaissance par la suite )))

    Posté par Reuz, 07 février 2013 à 13:25 | | Répondre
  • Bien sur je vois une psy géniale qui m avait suivie lors d'un précédent épisode "burn out". Quand j ai senti le malaise s installer, je l ai recontactee pour comprendre la situation. Cela fait quelques mois déjà. Je cherche à comprendre l incompréhensible car contrairement à ce que pense la majorité de mes collègues je ne suis pas faible. C est parce que j ai refusé de rentrer dans le jeu pervers de cette responsable que je suis maintenant la bête noire du service.
    Plus je lis tes billets plus je réalise que le monde des grandes entreprises est pervers et malsain. Ma boîte à tout de même fait l objet d une enquête sur les risques psychosociaux à la demande du CHSCT alerte par la médecine du travail.
    La majorité des salariés vient au boulot sans conviction. Je croise chaque jour des salariés que je ne connais pas mais que je peux identifier clairement comme étant en stress ou déprime.
    Je me bats pour ne pas prendre de médocs car je considère ne pas être responsable. J ai dénonce les pratiques de mon manager, protégée par une hiérarchie hostile à ma démarche de reconnaissance de mal être. D aucuns disent que je flingue ma carrière mais je ne veux pas d une évolution à ce prix. Mes collègues de service ont parfaitement compris que j avais le rôle de bouc émissaire et profitent largement de ça pour eux mêmes évoluer, mais à quel prix ??? Pour me consoler je me dis qu ils ont une vie privée de m.... Mais la mienne ne vaut pas mieux car le boulot à réussi à monopoliser mon attention, au point que cela vienne gâcher mes moments de famille.
    Bon j ai encore été longue mais rares sont les personnes qui osent parler du burn OUT et si j'en crois mes médecins, ça me pend encore au nez alors désolée une fois de plus et tu peux effacer mon commentaire s'il te semble déplacé.
    Merci pour ce partage. Je ne commente pas toujours alors que j en ai envie mais je ne veux pas te polluer see u

    Posté par C, 21 février 2013 à 22:56 | | Répondre
  • Tu sais je ne m'en suis sortie que grace aux médicaments et à mon temps d'arrêt. cela fait plus d'un an mais j'ai retrouvé toute confiance en moi et en l'avenir. Même si je ne me considère responsable en rien, c'est moi qui est pété un plomb, donc à moi de me soigner : psy, anti depresseurs, sports, yoga... c'est important de se recentrer sur soi et son bien être. Pour moi c'était sous n'importe quelle forme. Je n'y croyais pas mais ca marche ! et je vois désormais que le bon côté de la vie, même si je reste bien bien révoltée sur un certain nombre de choses !!

    Posté par Reuz, 23 février 2013 à 15:27 | | Répondre
  • Et tu ne pollues en rien mon blog parce qu'il est fait pour s'exprimer sur ces choses là; Donc tu es la bienvenue quand tu le souhaites ))

    Posté par Reuz, 23 février 2013 à 15:27 | | Répondre
  • Merci

    Posté par C, 25 février 2013 à 02:48 | | Répondre
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