26 octobre 2012

Chapitre 31# La vraie vie du bureau EP. 2

Nous avons un nouveau patron.

Un changement de plus.

Je ne l'ai pas vu, je suis arrêtée. Mais je le connais.

C'est le nouveau patron de la Direction du marketing et de la com d'une grande société française.

Comme toute bonne entreprise française qui a traversé les deux guerres, son histoire est riche.

Et son personnel ancien.

Trèèèèssss ancien.

Et comme toute bonne entreprise française, elle est au bord du gouffre faute de vision (2012 : ah bon, la Chine est le marché émergent le plus prometteur ?? on ferait bien d'y aller peut être ??) et d'organisation (1 groupe 2 marques et tout le personnel en double : 2 services informatiques, 2 services compta, 2 services marketing...).

Bon je pourrais y passer mes vacances mais ce n'est pas le but.

Je reviens sur mon nouveau boss.

Vous voyez Louis XVI ? le même, la calvitie,  le blaser bleu marine, la cravate rouge, le pantalon gris et les mocassins à glands en plus. Sur le principe, rien  de grave.

Mais à l'heure des nouvelles technologies, à l'heure ou nous atteignons le million de fan sur FB, où les événements ne se font plus qu'en France mais partout  dans le monde simultanément, où l'image d'une marque en perdition se rétablit grâce aux efforts surhumains des ingénieurs produit et des équipes de communication,  et ben on nous colle M.Chine, 55 ans, dans la boite depuis 25 ans, à la tête de la direction la plus branchée de toute la boite.

Et bien M.Chine ne se sert pas d'Internet.

M.Chine demande à son assistante (elle aussi bien old school : bureau collé au sien de façon à ce qu'il puisse l'appeler dans bouger de son siège, photos des enfants encadrés et posés à côté de l'ordinateur - euh traitement de texte- coupe mi brosse/mi nuque longue + teinture prune/auburn) de lui imprimer les mails qu'il reçoit, de lui présenter de façon à ce qu'il y inscrive des annotations et via le parafeur, les transmet aux personnes concernées.

On parle souvent (moi la 1ère) de cette société où tout va toujours plus vite (délais, turn over, réduction des budgets...) mais il ne faut pas négliger ce qui va PLUS LENTEMENT parce que c'est un aspect non négligeable... que fait on des cadres dirigeants vieillissants qui ne sont plus assez performants pour développer les marchés de demain ?

Il n'y a pas de place pour tout le monde. Donc il faut maintenir le degré de responsabilité (honorable), même dans des secteurs où ils ne sont pas du tout adaptés.

Mais c'est pas grave, les équipes derrière sont là pour proposer, rectifier, contrecarrer, expliquer, convaincre, chiffrer, prouver, faire, refaire, défaire...

Vive la France !

 


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