20 octobre 2012

Chapitre 27# Promis j'arrête de critiquer Paris !

Juste une dernière fois.

Je critique parce que cette ville est insupportable, mais je l'aime.

Hier après midi, mon amoureux termine de travailler tôt et malgré la pluie de merde on décide d'aller se promener, expo, apéro, resto... le bon kief du vendredi.

Direction la Gaité lyrique. Expo Hello. Waouhhh, alors l'idée - pour peu qu'on soit des enfants de la communication, du marketing ou du graphisme - est intéressante. Description de la saga d'une multinationale appelée Hello, marque fictive créée et illustrée par le collectif de graphistes H5.

Donc evidemment très bonnes illustrations, rien à dire.

Mais le concept de l'expo (je crois) est également d'y apporter un sens, une histoire, une critique de la société de consommation et des stratégies de marques, universelles et sans sens réel. 

Il y a donc là une mine d'or à développer.

Et bien non, l'explosion de la Marque n'est visible qu'à travers des représentations graphiques (affiches, diaporama, présentation powerpoint (là très bien traité), jeux vidéos, évolution graphique de l'aigle, symbole et logo de la Marque.

Dommage. le concept méritait qu'on s'attarde sur la marque de l'intérieur, des collocs aux réunions en passant par les brainstormings de stratégie de communication et de publicité. On aurait aimé voir la Marque humanisée pour crédibiliser l'ensemble (cela aurait sans doute été moins terrifiant dans ce cas mais bon).

http://www.actuart.org/article-hello-h5-in-brand-we-trust-111367522.html

On reste un peu sur notre faim en quittant l'exposition.

On va se poser dans l'un des bars hype de la rue de Bretagne. Là, on prend encore sur nous pour ne pas râler. Un pote nous rejoint et on doit se serrer dans 1m2 "au cas ou" d'autres personnes voudraient prendre un verre. Je me retrouve avec mon sac, mon casque de scooter, mon écharpe, mon imper sur mes genous, les casques de mon mec et de son ami en bas des pieds. Le cuisinier du resto qui fait également videur et chef de salle nous dit "merci vous êtes bien gentils" en regardant sur le trottoir si d'éventuels nouveaux clients arrivent.

Vraiment très agréable.

Nos bières finies, je propose à mon amoureux de l'inviter chez Fulvio, un délicieux resto italien du coin. Un brin cher mais vraiment très bon.

On arrive et demandons s'il y a de la place. Comme de plus en plus souvent à Paris (et un pote dans la restauration nous l'a confirmé), le restaurateur nous dit "on est complet mais on va vous trouver de la place" :)) . Banco, ce sera la table milieu de salle, vous savez celle où l'ensemble des clients nous voient en 3D et ou l'on se prend dans l'épaule le bout de veste de toutes les personnes qui vont aux toilettes. 

Pas grave on est bien. On rigole et on passe un bon moment. 

Ca n'a pas l'air d'être le cas du patron du restaurant, qui court partout à la De funes style. Son "plus" ? pas de menus proposés, mais une carte unique sur ardoise qu'il déroule à chaque client. 10 entrées, 18 sortes de pâtes et 8 viandes décrites une par une.

Le patron manque d'air à chaque fois qu'il récite sa poésie. Les phrases s'enchainent de façon manichéenne. Il transpire. Nous décrit les ingrédients, leur qualité, leur saveur. Pour chaque plat. Faut pas avoir trop faim.

Le patron stresse pour tout : rapidité du service, quantité dans les assiettes,  qualité des produits...Et doit largement se venger sur son serveur qui, à chaque mot, regarde vers son boss les lèvres à moitié tremblottantes afin de vérifier qu'il n'ait pas dit quelquechose de travers du type "voulez vous à nouveau une carafe d'eau" alors qu'il faut inciter à commander du vin... .

On imagine le patron du resto s'effondrer d'un coup au milieu de sa salle d'une crise cardiaque. Tout rouge et suffoquant, ouvrant sa chemise pour avoir de l'air entre les tables.

On se lève pour payer. Au patron car l'employé n'a pas le droit d'encaisser. On fait une blague sur la quantité de pâtes qui était "juste"...ouh là là là, qu'est ce qui nous a pris ?? mieux vaut éviter ce genre de blagues..."comment ca y avait pas assez ??". On a l'impresssion d'être dans un resto corse et d'avoir dit au patron "ta mère elle traine pas dans le bois de Boulogne ?". Mon amoureux reprend vite "non non tout était parfait". Les gouttes de sueurs ruisselent sur les joues du patron. Nous remercions pour la 5ème fois pour l'accueil, la qualité, les saveurs, etc... .

En rentrant, on a toujours la même phrase qu'à la fin de chaque soirée "ya vraiment des cons à Paris". Mais nous ca nous fait encore marrer.

 


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